Vente aux enchères de trésors : Huit chaises de Jean PROUVÉ trouvées sur un trottoir et un tableau du Cubain Wifredo LAM dans une maison en Sologne

Mise à jour 12 septembre 2022 par Redak

Mise à jour résultats :

685.000€ : produit de vente global, frais compris

– 258.000€ pour cette toile de Wifredo LAM, vedette de la dernière Gazette Drouot

– 126.000€ pour les 8 chaises de Jean Prouve #jeanprouve

– 23520€ pour un mobilier de salle à manger sculpté en nid d’abeilles #nidabeilles

– 12960€ pour cette sculpture d’Helen PHILLIPS, probablement pièce unique.

Les trésors existent! La preuve avec deux découvertes faites par des commissaires-priseurs : un tableau du cubain Wifredo LAM, proche de Picasso dans une maison de Sologne et de huit chaises de Jean PROUVE retrouvées sur un trottoir en Touraine à Montrichard en 1990.

Redécouverte d’un tableau de Wifredo LAM en Sologne  Wifredo LAM (1902-1982) Sans titre. Circa 1950. Huile sur toile. Non signé. 73 x 54 cm (traces d'humidité en bas et restaurations en 2007 par Atelier Bernard Depretz 75008 Paris)

Un portrait de “femme – animal” de l’artiste cubain WIFREDO LAM (1902-1982) a été redécouverte dans des conditions exceptionnelles dans un petit village de Sologne dans le cadre d’un inventaire de succession en 2021 du photographe américain JOHN POLE. Cette oeuvre, tout comme un autre dessin de Lam, la correspondance illustrée de petits dessins de Lam avec le photographe John Pole et sa femme seront vendus aux enchères à l’hôtel des ventes de Blois le dimanche 11 septembre.
Descriptif de l’oeuvre 
Wifredo LAM (1902-1982) Sans titre. Circa 1950. Huile sur toile. Non signé. 73 x 54 cm (traces d’humidité en bas et restaurations en 2007 par Atelier Bernard Depretz 75008 Paris) 
Provenance:
– acquis directement auprès de l’artiste vers 1954 par les actuels propriétaires, Monsieur et Madame Alice Pole-Woods 
– Succession John et Alice Pole-Woods 
Joint :
– un certificat d’authenticité de Madame Lou Laurin-Lam en date du 25 octobre 2007 
– certificat d’exportation du 10/06/2016 
– copie d’une photographie couleur représentant Alice Pole dans son appartement parisien devant le tableau de Lam (février 1960)
Estimation : 50000/80000€
Historique de la redécouverte : 
Lors d’un inventaire banal de succession en Sologne en juin 2021, Maître Guillaume CORNET, rentra dans une maison bourgeoise d’un petit village dénommé Pierrefitte Sur Sauldre. Au premier coup d’œil, il s’arrête devant un tableau accroché au mur du salon ressemblant de loin à une oeuvre cubiste dans le gout de Picasso. Grand silence: le notaire, le généalogiste et la voisine s’arrête de parler dans l’attente du verdict. Malheureusement, l’oeuvre n’était en réalité qu’une reproduction de tableaux. Mais cette péripétie n’a pas échappé à la curiosité de la voisine, grande amie du défunt, qui gère la succession en raison de l’éloignement des 30 héritiers habitant aux Etats Unis. L’inventaire se déroule sans grande découverte hormis des souvenirs d’Iran, quelques bijoux, des gravures d’artistes anglais et américains. 
Dans la nuit, la voisine a du mal à dormir, l’arrêt du commissaire-priseur devant cette reproduction de tableaux l’interroge; elle fait progressivement le lien avec un colis que le défunt lui a remis avant son décès destiné à une petite nièce des Etats Unis. Le lendemain matin, la voisine prends son téléphone pour joindre le commissaire-priseur pour la délivrer de ses doutes Ils procèdent ainsi à un inventaire supplémentaire du colis dans la semaine. Au moment du déballage du colis, le commissaire-priseur DECOUVRE L’ORIGINAL DU TABLEAU dont la reproduction trônait dans le salon ! L’oeuvre n’est pas signée mais on découvre très vite que l’oeuvre a été réalisée par Wifredo LAM, on découvre une correspondance illustrée de petits dessins entre les époux POLE-WOODS et le peintre, une photographie du tableau au mur dans l’appartement parisien du couple ainsi qu’un certificat d’authenticité délivré par Madame Lou Laurin-Lam en date du 25 octobre 2007. 

Huit chaises de Jean PROUVE retrouvées sur un trottoir  à Montrichard (Touraine) 

En juin dernier, des particuliers avaient mis sur Leboncoin huit chaises que leurs parents avaient récupérées sur un  trottoir dans la petite ville de Montrichard en 1990 et qu’ils avaient gardé dans leur véranda pendant 30 ans. Prix demandé : 5€ la chaise! Au bout de quelques minutes après diffusion de l’annonce, les appels téléphoniques insistant s’accumulent et chaque personne est prête à proposer plus d’argent que les précédents. Un système d’enchères se met en place, ce qui effraie les propriétaires. 

Grace à l’émission “Affaire conclue”, ils ont le réflexe de contacter le commissaire-priseur de la Région, l’Etude Pousse Cornet. Les chaises sont rapidement déposées à l’Hôtel des ventes de Blois et l’expertise révèlent qu’il s’agit bien de huit chaises authentiques du modèle Métropole 306 dite “Standard réalisées par Jean PROUVE pour le Siège de la Caisse nationale de Sécurité sociale, Paris. Chaque chaise porte un numéro d’identification ce qui a permis de retrouver le lieu pour lequel elles ont été réalisée. Chaque chaise sera vendue séparément lors de la vente “ARTS DECORATIFS DU XXEME SIECLE” et est estimée entre 5000 et 8000€! 
Jean Prouvé, né en 1901 à Paris, France, fait son apprentissage d’orfèvre chez Emile Robert, Enghien et Szabo à Paris. En 1924, il ouvre son propre atelier à Nancy et en 1925, il produit les premiers meubles en tôles d’acier pliées. En 1930, il est cofondateur de l’organisation d’artistes “Union des Artistes Modernes” (U.A.M.), en 1931 il crée “Les Ateliers Jean Prouve”. C’est là qu’ont été conçus divers meubles dans les années 1930 et aussi les premiers éléments architecturaux préfabriqués comme la “Maison du Peuple” à Clichy (en collaboration avec les architectes Beaudoin et Lods), qui a fait sensation avec sa structure de verre et d’acier.
Pendant la guerre, en raison de la pénurie d’acier, les meubles ont dû être construits en bois. De même, des maisons simples construites à partir d’éléments préfabriqués ont été construites. En 1940, Jean Prouvé participe à la Résistance et, après la libération de Nancy, il est élu maire de la ville et conçoit et construit des maisons pour les sans-abri. En 1947, Jean Prouve crée l’usine “Maxeville”, où 200 employés construisent des maisons et des écoles préfabriquées, ainsi que des meubles sur 25 000 mètres carrés. Pour répondre à la demande de meubles, un département entier dédié au mobilier est créé en 1949. Steph Simon est nommé responsable de l’ensemble du marketing. Jean Prouvé quitte l’entreprise en 1953. En 1954, il crée et construit sa propre maison. De 1957 à 1968, il est le chef du bureau de construction de la Compagnie Industrielle de Matériel de Transport (CIMT) à Paris et de 1968 à 1984, il dirige le bureau de Paris en tant qu’architecte-conseil individuel. De 1957 à 1970, il a été professeur au Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM). En 1971, il a été président du jury du concours pour la construction du Centre Pompidou à Paris et a été un ardent défenseur de l’idée de Renzo Piano ainsi que de Richard Rogers.
De 1980 à 1984, Jean Prouve continue à créer et à améliorer le design de ses meubles. Il est décédé à Nancy en 1984. Dans nombre de ses créations, Jean Prouve a réussi à concilier ses désirs de praticité, de qualité des matériaux et d’économie avec les exigences de la production de masse. En 2002, Vitra a commencé à publier ses créations sous la forme de nouvelles éditions, en collaboration avec la famille Prouvé.
Expositions publiques : 
 
Hôtel des ventes de Blois, 32 avenue du Maréchal Maunoury
vendredi 9 septembre de 10h à 12h et de 14h à 17H30 
Samedi 10 septembre de 10h à 12h et de 14h à 17H30 
Dimanche 11 septembre de 10h à 11h30
 
Vente aux enchères à l’Hôtel des ventes de Blois 
Dimanche 11 septembre à 13h15
 
Renseignements: Maître Guillaume CORNET, commissaire-priseur, 02 54 78 45 58, blois@poussecornet.com 

Damien

Je suis Damien Lagrange, auteur pour AuctionLab. Titulaire d'un diplôme en journalisme obtenu à Londres, je nourris une passion pour l'art et les ventes aux enchères depuis plus de dix ans. Intégré à l'équipe éditoriale d'AuctionLab depuis 2017, je prends plaisir à explorer les archives des maisons de vente aux enchères, cherchant à découvrir les histoires cachées derrière les objets proposés.

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